En excluant les grands groupes, près de trois entreprises françaises sur dix sont dirigées par des femmes, souligne une étude.

La direction des entreprises n’est pas l’apanage des hommes en France. Selon le dernier Observatoire sur la contribution des femmes dirigeantes et entrepreneures, dévoilé le 9 janvier 2026 par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), 26 % des 200 000 micro-entreprises, PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI) marchandes non agricoles et non financières étudiées sont dirigées par des femmes.

En extrapolant au niveau national, cela représente 1,3 million de sociétés françaises, hors grandes entreprises (GE). Ces dernières génèrent plus de 403 milliards d’euros de chiffres d’affaires (CA) et emploient 1,62 million de salariés. Des performances loin d’être négligeables, sachant que 40 % des micro-entreprises/PME/ETI dirigées par des femmes ont été lancées il y a moins de trois ans.

Des entreprises plus profitables

Mieux : les entreprises au féminin s’avèrent plus profitables que celles dirigées par les hommes. Les premières délivrent une marge brute moyenne de 62,2 %, contre 60,4 % pour les secondes. Soit un différentiel de 1,8 point de pourcentage. En revanche, la rentabilité moyenne (les bénéfices avant impôt rapportés au CA) des entreprises dirigées par les femmes est à peine supérieure à celle des entreprises dirigées par les hommes (6,2 % versus 6,1 %).

Et pour cause : le chiffre d’affaires moyen des entreprises pilotées par des femmes est 2,4 fois inférieur à celui des entreprises managées par des hommes (311 616 euros vs 762 884 euros). « Cet écart, loin d'être anecdotique, est une constante structurelle qui se retrouve à chaque étape de la vie de l'entreprise », constate l’Observatoire de la CPME. La différence de CA atteint jusqu’à 51 % dans la construction, 56 % dans le commerce et 65 % dans le transport, soit des secteurs d’activité nécessitant beaucoup de capitaux.

Des difficultés de financement

Ce n’est pas un hasard : 52 % des femmes entrepreneurs déclarent rencontrer des difficultés dans l’accès au financement. D’ailleurs, le montant moyen d’un crédit accordé à une TPE dirigée par une femme s’élève à 53 000 euros, contre 71 000 euros pour une TPE dirigée par un homme. Pour les PME, la différence est moins importante (178 000 euros versus 191 000 euros).

L’écart est, en revanche, conséquent en matière de capital-risque. Le ticket moyen levé par une start-up dont l’équipe dirigeante est 100 % féminine se situe à 4 millions d’euros, 13 millions d’euros avec une équipe mixte et 17 millions d’euros avec une équipe 100 % masculine. Résultat : seules 20 % des jeunes pousses sont créées en France par des femmes.

Enfin, la charge mentale constitue un autre frein au développement de l’entrepreneuriat au féminin dans l’Hexagone. Toujours d’après l’Observatoire de la CPME, 53 % des entrepreneures disent rencontrer des difficultés à conjuguer leur vie professionnelle avec leur vie personnelle.

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Date de publication
10.12.2025
Durée de lecture
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