Dans un nouveau podcast récemment mis en ligne, la Banque de France explique en quoi consiste l’assouplissement monétaire que peuvent activer les banques centrales.
Vous avez peut-être entendu parler du « quantitative easing » ou « QE ». Ce terme, que l’on peut traduire en français par « assouplissement monétaire », est apparu en Europe à la suite de la grande crise financière de 2008, causée par la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, explique un podcast de la Banque de France, mis en ligne le 7 avril 2026 et disponible gratuitement sur les plateformes d’écoutes.
À l’époque, les banques européennes, grevées par les « subprimes » (les crédits américains à haut risque), ne se font plus confiance. Résultat : elles ne se prêtent plus entre elles. Du coup, elles accordent moins de prêts aux particuliers et aux entreprises. Ce durcissement de l’octroi des crédits fait chuter les dépenses de consommation et d’investissement en Europe, ce qui finit par peser sur l’activité économique et fait planer le risque de déflation (baisse continue des prix) sur le Vieux Continent.
Les limites de la politique monétaire conventionnelle
En temps normal, la Banque centrale européenne (BCE), dont la mission est de maintenir l’inflation autour de 2 %, réduit ses taux directeurs afin d’abaisser le coût des crédits et relancer ainsi l’activité (et, par ricochet, les prix). Problème : lorsque la crise financière éclate, les taux de la BCE sont déjà au plus bas et même quelques fois en territoire négatif. L’institution de Francfort ne peut donc pas utiliser sa politique monétaire conventionnelle.
En mars 2015, elle décide d’avoir recours à un outil dit « non conventionnel » : le « quantitative easing ». Déjà utilisé en 2001 par la Banque du Japon pour combattre la déflation qui sévissait alors dans l’Archipel, le QE consiste pour une banque centrale à faire directement l’acquisition d’actifs.
La BCE va plus précisément acheter des obligations (des créances de moyen et long termes) émises par les États membres de la zone euro. Pour ne pas être accusée de financer les dettes des pays européens, l’institut monétaire va les acquérir sur le marché secondaire, c’est-à-dire auprès d’investisseurs privés, comme les banques.
Injecter des liquidités dans les banques
Cette stratégie permet d’injecter des liquidités dans les établissements bancaires et les inciter ainsi à se prêter de l’argent entre eux. Elle va fonctionner, puisque les banques vont recommencer à accorder des crédits, ce qui va relancer l’économie et in fine l’inflation. La BCE va de nouveau avoir recours à l’assouplissement monétaire en mars 2020 lors de la crise sanitaire du Covid qui va provoquer une chute brutale de l’activité économique.
L’institution ne va l’abandonner qu’en juillet 2022, lorsque l’inflation va exploser à la suite de la flambée des prix de l’énergie consécutive à l’invasion russe en Ukraine. Pour abaisser les prix à la consommation, la BCE va non seulement arrêter ses achats d’obligations publiques, mais elle va remonter ses taux directeurs.