Dans un article récent, les services du premier ministre soulignent que la France détient le quatrième stock mondial de métal jaune et expliquent à quoi il sert.
Peu de Français le savent, mais leur pays est assis sur un tas d’or. Plus précisément, la France détient 2 436 tonnes de métal précieux. Ce qui en fait la quatrième réserve d’or au monde, derrière l’Italie (2 452 tonnes), l’Allemagne (3 384 tonnes) et les États-Unis (8 133 tonnes), souligne Vie-publique.fr dans un article mis en ligne le 30 mars 2026.
Le site, édité par la Direction de l’information légale et administrative (DILA), elle-même rattachée à Matignon, précise que, si l’on prend en compte le Fonds monétaire international (FMI) qui détient 2 800 tonnes d’or, la réserve nationale de la France n’arrive plus qu’au cinquième rang mondial. Reste que le FMI est une institution internationale et pas un pays.
10 % de la richesse nationale
Quoi qu’il en soit, l’Hexagone possède donc un important stock d’or. Constitué de lingots, il est conservé dans un lieu ultrasécurisé de 10 000 mètres carrés sur deux étages, appelé « la Souterraine », situé sous le siège de la Banque de France, à Paris. L’institution monétaire a d’ailleurs notamment pour mission de gérer cette réserve pour le compte de l’État.
Sa valeur est estimée à plus de 300 milliards d’euros, soit grosso modo 10 % du produit intérieur brut (PIB) de la France qui correspond à la richesse nationale. Mais à quoi sert ce trésor ? C’est justement tout l’intérêt de l’article de Vie-publique.fr qui l’explique de manière très pédagogique.
Une valeur refuge utile en période de crise
L’or est traditionnellement assimilé à une valeur refuge. La « relique barbare » peut s’avérer utile en période de crise financière et/ou économique. Pour autant, le métal jaune ne peut pas être utilisé pour désendetter la France, prévient la DILA. En premier lieu, la dette française étant proche des 3 500 milliards d’euros, vendre la réserve nationale permettrait de rembourser à peine 7 % de cette somme.
En outre, une telle cession massive déséquilibrerait les marchés financiers, et ferait baisser le prix de l’or. Surtout, elle entamerait la confiance des investisseurs institutionnels, les fameux « zinzins » (assureurs, caisses de retraite, fonds de pension…), qui acquièrent les emprunts émis par l’État français. Vendre les bijoux de famille ne constitue jamais un bon signe aux yeux des créanciers.
Un facteur important de crédibilité
Enfin, « les réserves d'or jouent un rôle important pour la crédibilité de la banque centrale », soulignent les services du premier ministre. Elles constituent l’actif de dernier secours de la Banque de France. Toutefois, depuis la mise en place de la monnaie unique, ce rôle s’est amoindri.
C’est la Banque centrale européenne (BCE) qui pilote aujourd’hui la politique monétaire de la zone euro et non plus les banques centrales des 21 pays européens qui la composent. D’ailleurs, si les banques nationales (dont la Banque de France) demeurent propriétaires de leurs réserves d’or respectives, « la BCE a son mot à dire dans la gestion de leurs réserves », reconnait la DILA. La réserve nationale n’est donc plus vraiment nationale…