Le ministère de l'Économie vient de rappeler quels sont les différents produits d'épargne accessibles aux mineurs. Parmi eux, l'assurance-vie se distingue comme un outil particulièrement avantageux pour préparer l'avenir financier de son enfant, notamment grâce à sa fiscalité attractive après huit ans de détention.
Constituer une épargne pour son enfant représente bien plus qu'un simple geste financier. Les étrennes, l'argent glissé dans une enveloppe pour un anniversaire ou pour une réussite scolaire peuvent se transformer, au fil des années, en un capital substantiel.
À sa majorité, le jeune disposera ainsi d'une ressource précieuse pour financer son permis de conduire, ses études supérieures, sa première voiture ou même constituer l'apport nécessaire à l'achat de son premier logement. Au-delà de l'aspect purement financier, ouvrir un placement au nom de son enfant constitue également une excellente opportunité de l'éduquer à la gestion de l'argent et de lui transmettre la valeur de l'épargne.
Face à la diversité des produits disponibles, le ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique a publié, le 16 janvier 2026, une note détaillée sur son site Internet. Un rappel bienvenu, car en France, les personnes mineures ne peuvent souscrire un placement sans une autorisation parentale, à une exception près : dès 16 ans, un adolescent peut ouvrir un Livret A de sa propre initiative, sans l'accord de ses parents.
Une palette de produits adaptés
Tous les placements ne sont pas accessibles aux moins de 18 ans. Les parents peuvent toutefois choisir parmi plusieurs options :
- le Livret A,
- les livrets bancaires classiques,
- le compte épargne logement (CEL),
- le plan épargne logement (PEL),
- l'assurance-vie,
- le plan épargne avenir climat (PEAC).
Ce dernier, commercialisé depuis le 1er juillet 2024, cible exclusivement les moins de 21 ans et se clôture automatiquement à 30 ans. Conçu pour financer la transition écologique, les fonds sont disponibles seulement à partir de 18 ans et après une période de blocage minimale de cinq ans. Si le capital n'est pas garanti, les plus-values bénéficient d'une exonération fiscale.
Le Livret Jeune, quant à lui, s'adresse aux 12-25 ans. Il partage les avantages du Livret A - capital garanti par l'État, versements et retraits libres, intérêts exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux - tout en offrant généralement une rémunération supérieure. Son principal inconvénient réside dans son plafond de versement limité à 1 600 euros, contre 22 950 euros pour le Livret A.
L'assurance-vie, à souscrire avant les 10 ans de l'enfant
Bien que Bercy ne le mentionne pas explicitement dans sa note, l'assurance-vie mérite une attention toute particulière de la part des parents. Les experts recommandent de souscrire ce type de contrat au nom de l'enfant avant ses 10 ans, afin de bénéficier pleinement de ses avantages fiscaux.
La force de l'assurance-vie réside, en effet, dans son traitement fiscal après huit ans de détention. Une fois cette durée atteinte et sa majorité acquise, le jeune adulte pourra effectuer des retraits (appelés « rachats ») en bénéficiant d'un abattement fiscal sur les gains (intérêts annuels du fonds euros, plus-values des unités de compte). Concrètement, il pourra retirer jusqu'à 4 600 euros de gains par an sans être imposé s'il est célibataire ou 9 200 euros s'il est marié ou pacsé.
Cette spécificité fait de l'assurance-vie un outil de transmission et de constitution de patrimoine particulièrement performant. En ouvrant un contrat dès les premières années de vie de l'enfant, les parents lui offrent la possibilité de disposer, à 18 ans, d'un placement ayant déjà franchi le cap des huit ans et bénéficiant donc d'une fiscalité optimale. Un avantage non négligeable au moment où les besoins financiers du jeune adulte se font les plus pressants.
Des démarches d'ouverture accessibles
Contrairement à ce que l'on pourrait craindre, ouvrir un placement pour un enfant mineur ne nécessite aucune démarche administrative complexe. Pour les produits bancaires classiques, il suffit au père ou à la mère de se présenter en agence muni d'une pièce d'identité (carte nationale d'identité ou passeport), de celle de l'enfant et d'un justificatif de domicile récent, comme une quittance de loyer ou une facture d'électricité.
Pour souscrire une assurance-vie, les parents devront se tourner vers leur conseiller bancaire, un agent général d'assurance, un courtier en assurance ou un conseiller en gestion de patrimoine (CGP), avec les mêmes documents. Les acteurs du numérique, qu'il s'agisse de banques en ligne ou de courtiers web spécialisés dans l'assurance-vie, exigent généralement que le parent soit déjà client de leurs services avant d'ouvrir un compte pour son enfant.
À noter également que certains établissements, qu'ils soient physiques ou en ligne, demandent systématiquement l'accord des deux parents avant toute ouverture de compte au nom du mineur. C’est également le cas pour souscrire un contrat d’assurance-vie pour un enfant.